
De Kuta aux collines, ce que l'on traverse vraiment
Kuta Lombok n’a rien à voir avec son homonyme balinaise — et c’est précisément ce qu’on vient chercher. Un bourg étiré le long d’une route, des guesthouses, des cafés, des warungs où l’on commande un nasi campur en regardant la rue vivre. Pas de tour de béton, pas de beach club à bracelets. Pantai Kuta — souvent appelée Kuta Beach Lombok — est à cinq minutes du centre : une côte grise et douce, des pêcheurs, et une eau qui se retire très loin à marée basse. La ville sert de camp de base vers tout le sud. Ce qui frappe, en parcourant les plages Lombok du sud, c’est leur diversité en une seule route : Mawun, arc de sable parfait enfermé entre deux promontoires ; Selong Belanak, la plus longue courbe de l’île, avec ses warungs de poisson grillé ; Tanjung Aan enfin, la plus photogénique, avec ses deux anses séparées par un éperon rocheux et son sable poivré de grains blancs.
Le peuple sasak, majoritaire sur l’île, musulman et fidèle à des traditions anciennes, habite des villages — Sade et Ende — bien vivants, que l’on ne confondra jamais avec un décor de musée à ciel ouvert. Les maisons de bambou, les greniers à riz surélevés, le bruit régulier des métiers à tisser : la culture sasak n’est pas un spectacle, c’est une vie quotidienne. Lombok Pink Beach — Pantai Tangsi de son vrai nom — se mérite à environ deux heures de route depuis Kuta, sur une piste qui se dégrade ; le sable y est teinté d’un rose poudré, dû au corail rouge mêlé au sable blanc, un blush honnête plutôt qu’un bonbon.
Quitter la côte pour l’intérieur, c’est changer de monde en une heure. La forêt tropicale se referme, la cascade Lombok s’impose : Sendang Gile et Tiu Kelep au nord sur les pentes du Rinjani, Benang Stokel et Benang Kelambu au centre, dans la région de Tetebatu, où l’eau tombe en rideaux le long d’une paroi tapissée de verdure. C’est le contrepoint parfait à la côte — le vert après le blond, le bruit après le silence, le froid après la sueur.


























