
Kalimantan : la forêt primaire comme seul horizon
Kalimantan Timur – la province orientale de Bornéo, côté indonésien – est l’une des dernières grandes forêts tropicales humides de plaine encore debout en Asie du Sud-Est. Elle n’a pas l’exotisme de carte postale : pas de rizières en terrasses, pas de temples dorés. Ce qu’elle offre est plus rare et plus exigeant. Des forêts de dipterocarpes qui montent à cinquante mètres. Des rivières larges et brunes que l’on remonte en pirogue au petit matin, avant que la chaleur ne ferme la forêt sur elle-même. Des silences épais, traversés d’un cri de gibbon ou du froissement de branches d’un orang-outan en déplacement.
C’est la face oubliée de Bornéo. Pas les centres de réhabilitation bondés ni les passerelles touristiques de Sabah. Kalimantan oriental abrite deux territoires d’exception pour la photographie animalière : le parc national de Kutai, où coexistent 11 des 13 espèces de primates de l’île, et la réserve de Wehea – 530 000 hectares de forêt primaire cogérée depuis 2004 par la communauté Dayak Wehea et aujourd’hui référencée par le WWF et YKAN comme l’un des corridors forestiers les mieux préservés du Kalimantan oriental.
C’est dans cet espace que se déroule ce stage photo orang-outan. Pas en marge du terrain – au cœur. La logistique est assurée depuis Balikpapan, accessible en vol intérieur depuis Jakarta ou Bali. Le reste appartient à la forêt : ses règles, ses rythmes, sa lumière d’équateur qui ne pardonne pas l’approximation.
















