
L'archipel le plus discret de Sulawesi
Les Togean forment un chapelet d’îles volcaniques et coralliennes au centre de Sulawesi, entre les bras du golfe de Tomini. On y accède depuis Ampana, au sud, ou depuis Gorontalo, au nord — deux portes que l’on rejoint par la route. Ensuite, tout se fait par mer, et la mer impose son calendrier : les liaisons sont rares, lentes, parfois annulées. C’est exactement ce qui a protégé l’archipel. Pas de piste d’atterrissage, pas de marina, peu d’hébergements. Résultat : les Togean accueillent une poignée de voyageurs là où Bali en reçoit des millions.
Nous sommes ici dans le Triangle de corail, cette zone de l’Indo-Pacifique qui concentre la plus grande biodiversité marine de la planète. L’ensemble Togean–Tojo Una-Una est reconnu par l’UNESCO comme réserve de biosphère, unissant récifs, mangroves, herbiers et forêts dans un même périmètre. Les relevés recensent environ 596 espèces de poissons de récif et plus de 300 espèces de coraux — un récif qui n’a pas seulement survécu : un récif qui vit. L’Indonésie elle-même situe les Togean parmi ses plus beaux terrains de plongée et de snorkeling.
La forêt, elle aussi, déborde. Au petit matin, les calaos lancent un cri qui remplit tout le sous-bois ; les macaques se déplacent en bandes bruyantes sur les lisières ; le soir, les couscous pointent leurs yeux ronds depuis les branches, marsupiaux nocturnes attachés aux forêts de l’Est indonésien. Et sur les hauts-fonds, les maisons bajau sur pilotis se reflètent dans une eau si claire qu’on en devine le fond à cinq mètres.


































