
Misool, un sanctuaire marin
Misool est la plus méridionale des quatre grandes îles de l’archipel des Raja Ampat, en Papouasie occidentale, Indonésie. Ici, la géologie a travaillé en excès : des centaines d’îlots calcaires découpés par l’érosion, des lacs intérieurs reliés à la mer par des failles sous-marines, des mangroves que l’on traverse au ras de l’eau. La forme du paysage, déjà, coupe le souffle — avant même que vous n’ayez enfilé votre détendeur.
Sous la surface, la singularité de Misool est d’un autre ordre. La réserve marine, classée zone protégée depuis 2007, couvre 300 000 hectares. Depuis sa création, la fondation Misool documente une trajectoire que la communauté scientifique internationale qualifie d’exceptionnelle. Entre 2007 et 2021, la biomasse de poissons a progressé de 248 %. Depuis 2012, les populations de requins ont augmenté de 190 %. Les raies manta ont doublé en dix ans. Ces données, publiées dans la revue Frontiers in Marine Science (Jaiteh et al., 2016), ont conduit le Dr Mark Erdmann, de Conservation International, à qualifier Misool de « l’un des rares endroits au monde où la biodiversité s’améliore au lieu de décliner ». Nous citons cette phrase souvent. Pas pour impressionner — pour expliquer pourquoi nous nous imposons certaines contraintes que vous lirez dans la section Éthique.
À la surface, l’archipel est habité. Les villages Papua, les pirogues à balancier qui glissent à l’aube, les enfants sur les pontons — Misool n’est pas une île déserte fantasmée. C’est un territoire vivant, dont le resort fait partie depuis vingt ans, à condition de s’y tenir à sa juste place : invité, pas propriétaire.






























